Une interview made by Miss CJS
-Avez-vous fait des écoles, suivi des formations pour devenir comédien ?Non non. Je suis de la génération d’après 68, j’ai commencé le théâtre professionnel assez rapidement en 1971.
Ca fera donc 37 ans cet automne. J’ai écrit mes premières pièces à 16 ans, j’ai joué de la guitare, j’ai chanté du Brassens… Le théâtre c’est d’abord une passion, donc j’ai commencé par le théâtre pour enfants, et puis le succès qu’on avait nous a poussé vers le théâtre professionnel. On était deux couples et on a formé une compagnie. Ensuite, ce sont surtout les rencontres qui forment. Je pense que les écoles sont un moyen d’exprimer quelque chose que l’on a déjà au fond de soi. Je vais dire quelque chose qui peut en faire bondir certains, mais je ne crois pas qu’on puisse « apprendre » à devenir acteur, ou artiste. Les écoles permettent d’acquérir 10 à 15% de la technique, et de muscler son art. Je ne pense pas que Van Gogh ne serait pas devenu Van Gogh s’il n’avait pas pris de cours. L’art se muscle, mais ne s’apprend pas.
-Quelle pourrait être votre devise dans la vie ?Faîtes ce que vous avez envie de faire. J’ai la chance de pouvoir l’appliquer, étant autodidacte et autarcique. Je mets en scène, j’écris, je produis presque tous mes spectacles, je joue… Je suis un artisan dans ce métier. Mais il faut faire ce que l’on a envie de faire, il n’y a pas d’autre but pour un artiste. Bien sûr, pour gagner sa vie, on est parfois obligé de faire autre chose. La plupart des comédiens que je connais sur Paris jouent parfois dans des pièces ou tiennent des rôles qu’ils n’auraient pas particulièrement voulu, mais ce n’est pas du tout indigne, on ne peut pas toujours faire ce que l’on veut malheureusement.
-Comment êtes vous arrivé sur Kaamelott ?
Alexandre (Astier), même s’il est plus jeune que moi, suit un peu le même schéma: il écrit, met en scène, joue… Quand il était plus jeune, ses parents l’emmenaient de Lyon pour voir certains de mes spectacles. Il a apprécié mon travail, et donc il m’a contacté au début de Kaamelott. Il a fait la même chose pour presque tous les comédiens de l’équipe de départ, à part pour la Reine Guenièvre, il a contacté des gens dont il connaissait le travail, des gens avec qui il avait joué, ou qu’il avait vu jouer. C’est aussi ça qui donne cette bonne ambiance, tous ceux qui étaient là dès le départ (on a commencé à tourner en septembre 2004, pour une diffusion en janvier 2005), tous ceux-là forment une vraie troupe de théâtre. Même la présence des « guest-stars parisiennes » est bien vécue, Chabat, Solo, ceux avec qui j’ai tourné (Barbara Schultz, Roland Giraud…) sont des gens sympas. Le fait de tourner avec des gens que l’on connaît bien, des amis est toujours un plus. Je vais monter une nouvelle pièce en octobre, avec une grande partie d’amis. Avant, les équipes étaient presque toujours les mêmes, on retrouve ça avec De Funès, etc… Dans Kaamelott, en trois ans de tournage, je n’ai pas vu une seule engueulade. Uniquement de nombreux fous rires.
-Aura-t-on la chance de vous retrouver dans les saisons suivantes ?Oui, j’ai déjà été contacté. Je dois tourner en mai juin. Les modules doivent changer, les 7 minutes étant remplacés par des 52 minutes. Les films devraient être tournés en 2009, et le premier volet du triptyque sur les écrans en 2010.
-Est-ce que vous suivez la série lorsqu’elle est diffusée ?Oui, je ne regarde pas tous les jours, parce que je joue beaucoup. Mais j’aime bien suivre la série, au pire par les dvd. La semaine dernière il me semble qu’un épisode où je suis présent a été diffusé, je n’ai pas regardé mais on m’en a parlé le lendemain !
-Y a-t-il un autre personnage que vous auriez aimé interpréter ?Des tas, mais Robert de Niro & Al Pacino ne voulaient pas me laisser leurs rôles (rires) ! Dans Kaamelott, j’aurais bien aimé jouer le Roi Arthur, mais je ne suis pas sûr qu’Alexandre accepte de me laisser sa place (rires) ! Ou à la limite le Père Blaise, pourquoi pas. Bien sûr j’aimerais être présent plus souvent, mais c’est normal. Je cherche à estomper un peu l’accent de Guethenoc, notamment dans le livre V (je ne sais pas si vous l’avez perçu), bien qu’Alexandre veuille le garder. Mais je pense qu’on a trouvé une certaine harmonie.
-Quels sont vos rapports avec Gilles Graveleau, le comédien qui joue Roparzh, étant donné que vous passez votre temps à vous battre dans Kaamelott ???En réalité on est très amis, pas de panique (rires) ! Il n’y a pas de tensions sur le tournage, mais beaucoup de fous rires, comme je l’ai déjà dit. Ce qui nous oblige à refaire pas mal de prises, en partie à cause du Roi d’ailleurs (rires) !
-Le fait de jouer dans Kaamelott vous a-t-il offert de nouvelles propositions de rôles ?Maintenant, j’ai pas mal d’années de carrière derrière moi, je joue sans arrêt. Mais c’est vrai qu’au fil des salles, on voit qu’un public plus jeune, qui connaît Kaamelott, s’ajoute au public habituel. Ca donne une nouvelle dynamique, c’est toujours très intéressant.
-Quels sont vos projets à court et à long terme ?J’anime toujours une émission de radio sur France bleue Isère. Je viens de finir une tournée de plusieurs moi, et je dois monter un nouveau spectacle en octobre normalement.
-Y a-t-il un genre de personnage particulier que vous aimez interpréter ?Pas particulièrement non. J’écris pas mal, et donc j’ai la chance de pouvoir jouer un peu ce que je veux. Dans mon prochain spectacle je jouerai un clown aigri, un peu noir. Dans mes solos, je tourne pas mal avec des personnages proches de François Rollin, des textes de Desproges…
-Quelle question ne vous a-t-on jamais posée, et que vous aimeriez qu’on vous pose ?Ouh la, difficile. Vous me piégez! Quelle question vous aimeriez qu’on vous pose? On m’a tellement posé de questions différentes... « Pourquoi faîtes-vous ce métier ? » Parce qu’on aime les autres, et qu’on veut leur montrer. J’ai fait du théâtre parce que j’avais envie de communiquer, ou plutôt de communier avec les autres. Le théâtre, et l’art en général, c’est ça, c’est une communion avec les autres.
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